Deux nuits je rêve de toi. Et c'est bien.
T'en dis quoi ?
J'ai vu hier soir The Bubble (Ha-Buah). C'est le dernier film d'Eytan Fox, réalisateur israélien dont je connaissais
déjà le moyen métrage Yossi & Jagger. Eh ben c'était 'achement bien. Et pas seulement parce que les acteurs qui jouaient Lulu et Ashraf étaient splendides !
En gros le pitch c'est trois jeunes (Noam, Lulu et Yali) qui partagent le même
appart à Tel-Aviv, relativement épargnés par les conflits territoriaux et religieux. Ils vivent leur vie de jeunes, comme dans une bulle (d'où le titre, oui). Noam est malgré lui appelé en
réserve dans le Tsahal à Naplouse. Lors d'un incident au checkpoint il fait la rencontre d'un Palestinien qui est très très très beau (Ashraf). Une fois son service fini, Noam revient à Tel-Aviv.
Il revoit Ashraf. Forcément ils tombent amoureux. Les trois collocs décident d'aider Ashraf à rester en Israël et c'est la que ça part totalement en sucette. Pour résumer, y a des morts, des
bombes, un char, des larmes et de la salive.
Après Yossi & Jagger que je n'avais pas trouvé supra transcendant, j'étais un chouilla sceptique. Mais là je dois dire que le film est vraiment bon, bien filmé, grave bien joué,
poétique, réfléchi, frais, touchant et courageux. La Bo se paye même le luxe d'être sympatoche (entre autres Tom Mc Rae, Tim Buckley, Keren Ann et bien entendu la méga-star israélienne Ivri
Lider). C'est pas le chef-d'oeuvre de l'année mais ça mérite tout à fait d'être vu.
Donc ben voilà quoi. Hier juste avant de me coucher, j'étais tout chose, comme d'hab. Couplons ça au fait que je traverse (encore) une période riche en questionnement, qu'Amélie est loin et que
je suis amoureux(se) et tout de suite on imagine mieux les papillons dans le ventre que je peux avoir. C'est à ce moment précis que vous attendez tous la phrase cliché, la phrase Beverly Hills,
"je sais plus trop où j'en suis". Par souci de ne pas vous décevoir, je lache le morceau. Eh bien non, je ne sais plus trop où j'en suis. Mais ça va. Disons que je sais très bien ce que je fais,
la question est plutôt de savoir si j'ai envie de continuer comme ça. Vous n'en saurez pas plus, en tous cas pas ici, pas maintenant.
NB : Ma Blanche, tu sais très bien que malgré tout ce que je dis sur Yossi & Jagger, j'aime toujours les petits lapins dans
la neige...
J'ai commencé ce matin ma nouvelle pour le concours organisé par la bibliothèque de mon école. Le thème est
l'attente. Je retrouve le plaisir des exercices d'écriture cadrés. Ça me change un peu de mes textes sortis des tripes sans rinçage, directement du prodcuteur à l'assiette du
consommateur, ou des petits frères over-retravaillés pour pas grand chose au final.
Je fais dans le mordant pathétique et j'avoue que ça me plaît assez. Mon personnage s'en prend plein la geule avec la vie ou justement ne
s'en prend pas assez (ce qui revient au même). Ça me motive.
Ma dernière soirée a été occupée par le visionnage des Courts mais gays Tome 8. Ils sont inégaux
mais j'ai passé un très bon moment. Seule dans mon appartement, à les regarder jusqu'à des heures indues je me suis rendue compte combien je m'étais attachée à toute la tribu. C'est étrange que
sans les avoir jamais vus ils me soient si familiers, si accessibles.
Je me rends compte aussi que même en rapprochant les morceaux de mon identité le mieux possible ça ne fera jamais qu'un puzzle. La binarité, ce n'est pas fait pour moi et ça commence à me taper
sérieusement sur le système. Je ne me plais plus dans aucun schéma. Il y a du bon dans chaque mais ça ne suffit pas. Je ne suis ni l'un, ni l'une.
Alors avec Buck65 en fond sonore, ce weekend m'a donné des envies de mises au clair avec ceux qui
m'accompagnent. Va falloir qu'ils comprennent. Va falloir qu'ils s'habituent.
PS : Nicolas, on dit "une vis" et "une écrevisse".
Dimanche 25 novembre 2007
Je suis entre deux eaux. Je m'éloigne, je me rapproche. Un jour avec, un jour sans.
En fait beaucoup plus de jours avec.
Y a rien à y faire, ça part pas. Ça ne m'étonne pas puisque je fais tout pour alimenter ça. Si encore j'avais envie que ça me
passe...
Le bon point c'est que j'ai retrouvé la confiance. Le bout de mes doigts est
à nouveau rempli de malice. Avec ou sans écriture, je suis pleine d'entrain. Il y a même certains jours où j'accepte qu'on m'appelle Mademoiselle. C'est pour dire ! Donc oui de ce côté-là, le climat est plus sain. Je ne sais pas du tout où je vais mais j'y vais sûrement.
N’en déplaise à Romain et Joseph, la liberté n’apporte pas plus d’innocence.
Si j’avance dans du coton ce n’est pas que je craigne les chocs. J’ai peur d’érafler, peur de casser ce qui va bien, ceux qui vont bien. Je ne veux pas les impliquer alors qu’ils occupent toutes
mes pensées. C’est d’une absurdité sans nom.
Il est là chaque jour à faire un peu plus son délicieux, à ne pas me
décevoir. Entre ma théière et l’albâtre, j’ai le cœur qui tourne à plein régime. Je ne suis pas tiraillée, je n’hésite pas. Je suis occupée. Il n’y pas de sacrifice à préférer à un autre, pas de
choix à faire. La situation n’est même pas conflictuelle. En soi la vie est belle. J’ai les joues rosies, des papillons plein le ventre et je cabriole.
Il faut que j’arrête d’avoir peur de faire mal. Les interactions sociales se
font dans les deux sens. Je n’ai pas à gérer leurs vies. Je serai peut-être le grain de sable dans leurs rouages bien huilés. Et puis ? Ils n’avaient qu’à prévoir mon cas. C’est ainsi.
C’est.
A partir de maintenant le colosse reprend ses aises.
Dis Belle, on se fait un ponton à Noël ?