Dimanche 27 août 2006
J'ai vécu aujourd'hui une aventure qui m'a fortement touchée émotionnellement.
Je revenais du fond du jardin où j'avais un peu travaillé à dépouiller des programmes de théâtre pour l'Un Des Sens en compagnie de mon aimé et j'ai été forcée de faire le tour de la maison car la porte du sous-sol était verrouillée. Ce détail semble anodin mais il va pourtant jouer un grand rôle dans la suite de mon épopée. A partir du moment où je me rends compte que la porte est close, les actions s'enchaînent.
Je fais demi-tour en pivotant sur mes pieds, j'emprunte la petite allée qui monte, j'arrive en vue du goulot d'étranglement entre le laurier et la bruyère arbustive, je longe le laurier, je débouche brusquement sur la pelouse (pas très grillée pour un mois d'août soit dit en passant), ça y est je suis derrière la maison, je contourne rapidement le pommier (reinettes grises du Canada, pas très bonnes), je marche sur la mare de trèfles, j'évite de justesse une énorme pomme tombée sur mon passage, je chemine encore sur quelques mètres herbus et j'arrive enfin au Passage.
Le Passage est l'endroit où commence la terrasse. Il y a fort longtemps, les hommes le domestiquaient avec talent et il faisait bon y passer. Au fil des années, par faute de négligence, la nature a repris ses droits. Les plantes vivaces des parterres environnants ont poussé jusqu'à peu à peu recouvrir presque entièrement le Passage. Aujourd'hui, il faut redoubler d'agilité pour franchir sans encombre ce dangereux couloir de végétation. Beaucoup ont renoncé et préfèrent faire le tour par le deuxième Passage, un peu plus large. Seuls les vrais aventuriers dont la jeunesse permet encore d'enjamber les branchettes couchées sur les dalles osent encore affronter le Passage.
Me voici donc face au monstre. Je pose ma jambe gauche au bord des branchages et d'un geste splendide je déporte tout mon poids sur mon pied gauche, solidement ancré dans le sol. Je lève un peu la jambe droite afin de ne pas écraser les fleurs-de-maman. Ça y est j'ai franchi le redoutable obstacle. Je continue mon chemin.
Je ne suis pas au bout de mes surprises, loin de là. Les branches basses du liquidambar sont basses. Je dois donc me pencher pour les éviter. A l'instant où je relève la tête, je l'aperçois. Elle est là.
Pirouette dort sur la table de jardin. (ndlr : Pirouette c'est mon chat) Elle est tout au bord, couchée en sphinx. Elle fait un peu misérable avec sa tête roulée en boule et ses pattes recroquevillées pour avoir plus chaud. Même le pot de fleurs fait plus imposant. Je suis frappée. Que fait-elle toute seule sur la table ? C'est bien la première fois que je la vois dormir ici. Je reste ainsi, sidérée de la trouver à cet endroit. Sans voix, je rentre dans le salon par la porte-fenêtre. Je préviens mon frère et mon aimé, monte chercher l'appareil photo et immortalise le moment. Tout au bord de la table, on dirait qu'elle va tomber. Si le vent était un peu plus fort, je crois qu'il pourrait la balayer d'un souffle.
Une poignée de minutes plus tard, Pirouette se réveille et repart chasser dans le jardin.
Mon chat a innové aujourd'hui. Ce n'est pas dans ses habitudes d'innover. (Donc finalement c'était innovant pour lui d'innover dans la mesure où... Oui bon ok, je m'enfonce là !) Je suis changée à jamais par cette expérience dense en émotions, si impromptue, digne de la meilleure série Z nous accorderons-nous même à dire. Qui aurait pu penser que rentrer du fond du jardin aurait pu s'avérer si palpitant ? Je m'en vais méditer sur cela au fond de mon lit...
Je revenais du fond du jardin où j'avais un peu travaillé à dépouiller des programmes de théâtre pour l'Un Des Sens en compagnie de mon aimé et j'ai été forcée de faire le tour de la maison car la porte du sous-sol était verrouillée. Ce détail semble anodin mais il va pourtant jouer un grand rôle dans la suite de mon épopée. A partir du moment où je me rends compte que la porte est close, les actions s'enchaînent.
Je fais demi-tour en pivotant sur mes pieds, j'emprunte la petite allée qui monte, j'arrive en vue du goulot d'étranglement entre le laurier et la bruyère arbustive, je longe le laurier, je débouche brusquement sur la pelouse (pas très grillée pour un mois d'août soit dit en passant), ça y est je suis derrière la maison, je contourne rapidement le pommier (reinettes grises du Canada, pas très bonnes), je marche sur la mare de trèfles, j'évite de justesse une énorme pomme tombée sur mon passage, je chemine encore sur quelques mètres herbus et j'arrive enfin au Passage.
Le Passage est l'endroit où commence la terrasse. Il y a fort longtemps, les hommes le domestiquaient avec talent et il faisait bon y passer. Au fil des années, par faute de négligence, la nature a repris ses droits. Les plantes vivaces des parterres environnants ont poussé jusqu'à peu à peu recouvrir presque entièrement le Passage. Aujourd'hui, il faut redoubler d'agilité pour franchir sans encombre ce dangereux couloir de végétation. Beaucoup ont renoncé et préfèrent faire le tour par le deuxième Passage, un peu plus large. Seuls les vrais aventuriers dont la jeunesse permet encore d'enjamber les branchettes couchées sur les dalles osent encore affronter le Passage.
Me voici donc face au monstre. Je pose ma jambe gauche au bord des branchages et d'un geste splendide je déporte tout mon poids sur mon pied gauche, solidement ancré dans le sol. Je lève un peu la jambe droite afin de ne pas écraser les fleurs-de-maman. Ça y est j'ai franchi le redoutable obstacle. Je continue mon chemin.
Je ne suis pas au bout de mes surprises, loin de là. Les branches basses du liquidambar sont basses. Je dois donc me pencher pour les éviter. A l'instant où je relève la tête, je l'aperçois. Elle est là.
Pirouette dort sur la table de jardin. (ndlr : Pirouette c'est mon chat) Elle est tout au bord, couchée en sphinx. Elle fait un peu misérable avec sa tête roulée en boule et ses pattes recroquevillées pour avoir plus chaud. Même le pot de fleurs fait plus imposant. Je suis frappée. Que fait-elle toute seule sur la table ? C'est bien la première fois que je la vois dormir ici. Je reste ainsi, sidérée de la trouver à cet endroit. Sans voix, je rentre dans le salon par la porte-fenêtre. Je préviens mon frère et mon aimé, monte chercher l'appareil photo et immortalise le moment. Tout au bord de la table, on dirait qu'elle va tomber. Si le vent était un peu plus fort, je crois qu'il pourrait la balayer d'un souffle.
Une poignée de minutes plus tard, Pirouette se réveille et repart chasser dans le jardin.
Mon chat a innové aujourd'hui. Ce n'est pas dans ses habitudes d'innover. (Donc finalement c'était innovant pour lui d'innover dans la mesure où... Oui bon ok, je m'enfonce là !) Je suis changée à jamais par cette expérience dense en émotions, si impromptue, digne de la meilleure série Z nous accorderons-nous même à dire. Qui aurait pu penser que rentrer du fond du jardin aurait pu s'avérer si palpitant ? Je m'en vais méditer sur cela au fond de mon lit...
