Mercredi 29 mars 2006
Décrivons ici avec le Professeur Lautrec les symptômes de la
fatigue ante-, syn- et post-partiels.
Nous allons lister de façon non exhaustive les principaux désagréments du manque de sommeil
en période d'examens.
Nous commencerons par citer le phénomène le plus connu, à savoir l'action de la gravité sur les paupières. L'air de rien ces deux petits bouts de chair que l'on fait papillonner toute la journée sans s'en rendre compte peuvent se révéler d'un poids phénoménal. On lutte, on lutte mais les paupières sont irrésistiblement attirées par le sol. On finit en général par fermer les yeux tellement la lutte est inégale.
Chez certains sujets, cette fermeture des paupières peut s'accompagner d'un strabisme convergent. Sous l'effort intense pour garder les paupières en position ouverte, les deux globes oculaires souffrent eux-aussi et se manifestent alors en brisant leur parallélisme habituel. Ils opèrent une rotation qui les amène à pointer tous deux vers l'appendice nasal. Ce dernier serait peut-être une sorte de point de repère, un référent sur lequel les yeux se règleraient. Toutefois cela reste une hypothèse car la psychologie oculaire est une science nouvelle qui n'en est qu'à ses balbutiements.
Il arrive aussi fréquemment que les perceptions visuelles soient affectées. On notera principalement l'apparition de petites taches de lumière psychédéliques ou d'inspiration disco. On connaît quelques cas floutage des images, phénomène aussi appelé "buée cornéenne".
Il est impossible d'évoquer la fatigue sans parler de la bien-connue mais néanmoins désagréable sensation du tas de sable dans le crâne. Une masse granuleuse se met à alourdir de façon inconsidérée votre cerveau. Elle se répand entre les neurones et les enserre jusqu'à les étouffer. On arrive dans des cas extrêmes à un ralentissement des flux neuronaux générant une "persistance neuronale". On a de plus en plus de mal à "rafraîchir la page". Les idées prennent leur temps pour se succéder, elles s'accrochent et ne veulent pas laisser la place aux autres. Cela aboutit à un mélange des perceptions sensorielles. La vue, l'ouïe, le toucher, le goût ou l'odorat s'entremêlent sans qu'on puisse les démêler. Le jour où on se met à essayer de calculer le générateur de tension électrique équivalent à l'odeur de son chat, on comprend qu'il est temps d'aller dormir.
Un des autres points importants des désagréments d'une fatigue intense est le dérèglement du système hydrologique de l'organisme. C'est un peu comme si toute l'eau du corps venait à manquer comme manquent les heures de sommeil. La bouche devient pâteuse. La langue s'assèche, on ne serait même plus étonné de la voir se recroqueviller ou se racornir. Après chaque période (courte) de repos, on se réveille atteint du syndrome du pruneau, à savoir qu'il faudrait une trentaine de litres d'eau pour se réhydrater. Cette sécheresse de l'organisme se traduit au niveau du visage par le sentiment que la peau autour des yeux et sur les pommettes est passée au sèche-linge. Mais pourquoi ça tire autant ? Quelques sujets seront même atteints de crises de démangeaison généralisée, accentuée par la mauvaise régulation thermique qui accompagne la déshydratation. On a en effet tendance à osciller dangereusement entre les frissons et les bouffées de chaleur au cours d'une même nuit de révisions.
Le système nerveux central n'est pas en reste non plus puisqu'on observe assez fréquemment des troubles de la motricité, notamment pour les muscles de la main et du poignet (j'écris vraiment si mal que ça ?), des jambes (pourquoi je marche en zigzag ?) et du cou (perte de tonus musculaire, sans contrôle la tête plonge vers les abysses).
Nous conclurons enfin sur un dernier symptôme, encore peu étudié : les cernes brunâtres ou violets qui soulignent élégamment les yeux et qui font que le matin en se regardant dans le miroir, on s'étonne de trouver quelqu'un d'autre à la place de son reflet (j'ai vraiment cette tête-là ?).
Nous commencerons par citer le phénomène le plus connu, à savoir l'action de la gravité sur les paupières. L'air de rien ces deux petits bouts de chair que l'on fait papillonner toute la journée sans s'en rendre compte peuvent se révéler d'un poids phénoménal. On lutte, on lutte mais les paupières sont irrésistiblement attirées par le sol. On finit en général par fermer les yeux tellement la lutte est inégale.
Chez certains sujets, cette fermeture des paupières peut s'accompagner d'un strabisme convergent. Sous l'effort intense pour garder les paupières en position ouverte, les deux globes oculaires souffrent eux-aussi et se manifestent alors en brisant leur parallélisme habituel. Ils opèrent une rotation qui les amène à pointer tous deux vers l'appendice nasal. Ce dernier serait peut-être une sorte de point de repère, un référent sur lequel les yeux se règleraient. Toutefois cela reste une hypothèse car la psychologie oculaire est une science nouvelle qui n'en est qu'à ses balbutiements.
Il arrive aussi fréquemment que les perceptions visuelles soient affectées. On notera principalement l'apparition de petites taches de lumière psychédéliques ou d'inspiration disco. On connaît quelques cas floutage des images, phénomène aussi appelé "buée cornéenne".
Il est impossible d'évoquer la fatigue sans parler de la bien-connue mais néanmoins désagréable sensation du tas de sable dans le crâne. Une masse granuleuse se met à alourdir de façon inconsidérée votre cerveau. Elle se répand entre les neurones et les enserre jusqu'à les étouffer. On arrive dans des cas extrêmes à un ralentissement des flux neuronaux générant une "persistance neuronale". On a de plus en plus de mal à "rafraîchir la page". Les idées prennent leur temps pour se succéder, elles s'accrochent et ne veulent pas laisser la place aux autres. Cela aboutit à un mélange des perceptions sensorielles. La vue, l'ouïe, le toucher, le goût ou l'odorat s'entremêlent sans qu'on puisse les démêler. Le jour où on se met à essayer de calculer le générateur de tension électrique équivalent à l'odeur de son chat, on comprend qu'il est temps d'aller dormir.
Un des autres points importants des désagréments d'une fatigue intense est le dérèglement du système hydrologique de l'organisme. C'est un peu comme si toute l'eau du corps venait à manquer comme manquent les heures de sommeil. La bouche devient pâteuse. La langue s'assèche, on ne serait même plus étonné de la voir se recroqueviller ou se racornir. Après chaque période (courte) de repos, on se réveille atteint du syndrome du pruneau, à savoir qu'il faudrait une trentaine de litres d'eau pour se réhydrater. Cette sécheresse de l'organisme se traduit au niveau du visage par le sentiment que la peau autour des yeux et sur les pommettes est passée au sèche-linge. Mais pourquoi ça tire autant ? Quelques sujets seront même atteints de crises de démangeaison généralisée, accentuée par la mauvaise régulation thermique qui accompagne la déshydratation. On a en effet tendance à osciller dangereusement entre les frissons et les bouffées de chaleur au cours d'une même nuit de révisions.
Le système nerveux central n'est pas en reste non plus puisqu'on observe assez fréquemment des troubles de la motricité, notamment pour les muscles de la main et du poignet (j'écris vraiment si mal que ça ?), des jambes (pourquoi je marche en zigzag ?) et du cou (perte de tonus musculaire, sans contrôle la tête plonge vers les abysses).
Nous conclurons enfin sur un dernier symptôme, encore peu étudié : les cernes brunâtres ou violets qui soulignent élégamment les yeux et qui font que le matin en se regardant dans le miroir, on s'étonne de trouver quelqu'un d'autre à la place de son reflet (j'ai vraiment cette tête-là ?).
Si l'on doit faire un bilan de cette étude, on retiendra une phrase, une seule :
"Mais va te coucher Leica au lieu de raconter des conneries !"
