Le bon point c'est que j'ai retrouvé la confiance. Le bout de mes doigts est à nouveau rempli de malice. Avec ou sans écriture, je suis pleine d'entrain. Il y a même certains jours où j'accepte qu'on m'appelle Mademoiselle. C'est pour dire ! Donc oui de ce côté-là, le climat est plus sain. Je ne sais pas du tout où je vais mais j'y vais sûrement.
N’en déplaise à Romain et Joseph, la liberté n’apporte pas plus d’innocence. Si j’avance dans du coton ce n’est pas que je craigne les chocs. J’ai peur d’érafler, peur de casser ce qui va bien, ceux qui vont bien. Je ne veux pas les impliquer alors qu’ils occupent toutes mes pensées. C’est d’une absurdité sans nom.
Il est là chaque jour à faire un peu plus son délicieux, à ne pas me décevoir. Entre ma théière et l’albâtre, j’ai le cœur qui tourne à plein régime. Je ne suis pas tiraillée, je n’hésite pas. Je suis occupée. Il n’y pas de sacrifice à préférer à un autre, pas de choix à faire. La situation n’est même pas conflictuelle. En soi la vie est belle. J’ai les joues rosies, des papillons plein le ventre et je cabriole.
Il faut que j’arrête d’avoir peur de faire mal. Les interactions sociales se
font dans les deux sens. Je n’ai pas à gérer leurs vies. Je serai peut-être le grain de sable dans leurs rouages bien huilés. Et puis ? Ils n’avaient qu’à prévoir mon cas. C’est ainsi.
C’est.
A partir de maintenant le colosse reprend ses aises.
Dis Belle, on se fait un ponton à Noël ?